Casino en ligne sérieux en France : le sérieux ne se devine pas, il se vérifie
Vérifié le 7 novembre 2026 contre la liste noire de l’ANJ et le registre des opérateurs agréés.

Un casino en ligne « sérieux » n’existe pas, en France, sous la forme que le mot suggère ailleurs. Sur ce marché, l’agrément qui ferait foi n’est pas délivré : l’Autorité nationale des jeux (ANJ) accorde le sien aux paris sportifs, aux paris hippiques et au poker en ligne, et c’est tout. Les machines à sous, la roulette, le blackjack et le baccarat en ligne relèvent d’un produit que l’État ne délivre à personne. Ce qui se présente comme un « casino en ligne sérieux » joue donc sur une définition que la loi française ne reconnaît pas.
Le reste de la page prend ce point au sérieux plutôt que de le contourner. Elle décrit ce que la réglementation autorise, ce qu’elle interdit, ce qui se passe quand un site non agréé vous tend les bras malgré tout, et ce qu’un joueur peut faire — concrètement — pour protéger son dépôt, son identité et son temps.
Table des matières
- Pourquoi « sérieux » pose déjà question en France
- L’offre légale : ce que l’ANJ agrée vraiment
- L’offre illégale : ce qui se présente quand même
- Ce qu’on observe sur les sites qui visent les joueurs français
- Comment l’ANJ agit et pourquoi le blocage n’est pas total
- Les risques concrets pour le joueur
- Estimer la part casino du marché illégal : calcul de la fenêtre PwC
- Le rôle de l’interdiction volontaire de jeux (IVJ)
- Les moyens de paiement : où passe l’argent
- Pourquoi le débat de légalisation n’a pas abouti
- Ce que « sérieux » peut vouloir dire, en pratique
- Questions fréquentes
Pourquoi « sérieux » pose déjà question en France
Le mot « sérieux » revient dans presque toutes les requêtes de recherche qui entourent le casino en ligne francophone. Il est vague à dessein : il agrège la fiabilité, la confiance, la solvabilité, le paiement des gains, la qualité du support, la transparence des conditions. Sur des marchés où le casino en ligne est licensable, ces qualités reçoivent un cachet administratif — une licence Curaçao, Malta, ou une juridiction équivalente — qui les rend au moins vérifiables sur le papier.

En France, ce raccourci ne fonctionne pas. La seule autorité compétente est l’ANJ, et l’ANJ n’agrée pas les casinos en ligne. Présenter un site comme « agréé ANJ » quand il propose des machines à sous constitue donc, au minimum, une affirmation fausse, et au pire une infraction à la loi sur la publicité des jeux non autorisés — passible d’une amende pouvant atteindre 100 000 € pour l’annonceur comme pour l’affilié qui relaie. Un joueur qui voit le sceau sur un site n’a, par construction, aucune raison de lui faire confiance.
L’erreur classique consiste à importer le réflexe d’un autre marché : comparer des bonus, compter les jeux, vérifier le multiplicateur de mise. Ces critères restent utiles ailleurs. Ici, ils passent à côté du seul filtre qui compte, qui est celui de l’agrément, et qui est fermé.
L’offre légale : ce que l’ANJ agrée vraiment
Dix-sept entités juridiques portent un agrément de l’ANJ en France. Le chiffre surprend par sa modestie : il ne décrit pas un marché ouvert, mais une verticale étroite. Ces dix-sept opérateurs sont répartis sur trois segments seulement — les paris sportifs, les paris hippiques, le poker en ligne. Aucune ligne du registre officiel ne mentionne un casino en ligne. Cette absence n’est pas un oubli ; elle reflète le périmètre que la loi assigne au régulateur depuis la création de l’ANJ en 2020, en remplacement de l’ARJEL.
Quelques noms servent de repères. Betclic figure au registre pour les trois verticales à la fois. Winamax y figure pour les paris sportifs et le poker. Le PMU y figure pour les paris sportifs, les hippiques et le poker. La Française des Jeux et FDJ Online Betting and Gaming France apparaissent également, sur des périmètres variables selon les lignes consultées. Aucun de ces noms ne propose de machines à sous en argent réel sur le sol français.
Pour un joueur qui cherche à jouer en France dans un cadre protégé, l’arithmétique est donc simple : poker, paris sportifs, paris hippiques — oui, sous agrément ; casino en ligne — non, pas sous agrément, jamais. Toute autre promesse est un appât.
L’offre illégale : ce qui se présente quand même
L’offre existe malgré l’interdiction. L’étude PwC commandée par l’ANJ et mesurée entre janvier et mars 2023 a recensé 510 sites générant du trafic depuis la France, dont 21 concentrant à eux seuls 60 % de ce trafic. Les jeux de casino et les machines à sous représentaient la moitié de l’audience de l’offre illégale. La part de marché du segment illégal était estimée entre 5 % et 11 % du marché français total des jeux d’argent, soit un produit brut des jeux situé entre 748 millions et 1,5 milliard d’euros sur la fenêtre de mesure.
Environ trois millions de personnes auraient consommé une offre illégale au moins une fois par mois en 2023, dont la moitié sans savoir qu’elle l’était — un chiffre que la campagne d’information de l’ANJ d’octobre 2024 a repris en le portant à « trois à quatre millions ». Cette méconnaissance n’est pas un détail : un joueur qui croit jouer sur un site autorisé n’a pas les moyens de se méfier de ce qu’on lui présente.
L’ANJ agit contre cette offre depuis la loi du 2 mars 2022, qui lui permet d’ordonner le blocage et le déréférencement des sites après mise en demeure et délai d’observation de cinq jours. Entre mars 2022 et le 7 octobre 2024, l’autorité a pris 506 actes administratifs de blocage, couvrant 2 365 URL — un volume présenté comme près du double de ce que douze années de procédures judiciaires avaient permis. La liste noire publiée par l’ANJ reste néanmoins explicitement « non exhaustive » : un site absent de la liste n’est pas pour autant autorisé. Cette nuance est centrale, parce qu’elle protège le régulateur des tentatives de contournement par nom de domaine neuf.
Ce qu’on observe sur les sites qui visent les joueurs français
Décrire les opérateurs qui composent cette offre illégale n’est pas les recommander. Le tableau qui suit les présente tels qu’ils se présentent eux-mêmes — agrément qu’ils revendiquent, statut de blocage effectif, devise acceptée — afin qu’un lecteur sache les reconnaître. Aucun n’est agréé en France. Aucun ne dispose d’un recours national en cas de litige.
| Opérateur | Statut ANJ | Licence revendiquée | Offre de bienvenue annoncée | Condition de mise | Devise acceptée |
|---|---|---|---|---|---|
| Alexander Casino | Bloqué (12 domaines, 13/11/2024 → 19/02/2026) | — | — | — | — |
| Betify | Bloqué (46 domaines, 04/03/2024 → 26/05/2026) | — | — | — | — |
| MyStake | Bloqué (10 domaines, 13/06/2022 → 26/04/2023) ; site officiel inaccessible | Curaçao (OGL/2024/250/0115, non recoupé) | Contradictoire selon les sources | 35× sous 30 jours (source isolée) | — |
| LeonBet | Bloqué (116 domaines, 15/12/2023 → 20/11/2025) | — | — | — | — |
| LuckyTreasure | Bloqué (7 domaines, 14/06/2023 → 11/04/2024) | — | — | — | — |
| CasinoExtra | Bloqué (4 domaines) | Anjouan Gaming Board (ALSI-142406012-FI1) | 100 % jusqu’à 350 € + 100 tours, + 50 % sur les 2ᵉ et 3ᵉ dépôts | Non précisée | Crypto uniquement (BTC, ETH, LTC, USDT, TRX) |
| WinUnique | Bloqué (marque blacklistée) | Curaçao eGaming (1668/JAZ), partagée | 250 % jusqu’à 3 000 € + 300 tours + reload hebdomadaire | Non précisée | — |
L’écart entre la promesse commerciale et la lisibilité réelle saute aux yeux. Pour CasinoExtra, le bonus est détaillé mais le multiplicateur de mise ne l’est pas ; pour WinUnique, la promesse est la plus lourde du lot (« 250 % jusqu’à 3 000 € + 300 tours ») sans qu’aucune condition chiffrée ne l’accompagne. Pour MyStake, l’inaccessibilité du site officiel rend toute fiche d’affiliation invérifiable, et les fiches consultées se contredisent sur le montant du bonus comme sur le nombre de tours. Pour les autres, le tableau est presque entièrement vide — parce que les sites eux-mêmes ne portent pas l’information, ou parce qu’elle n’a pas été retrouvée de manière fiable.
Ce que ce paysage dit, en une phrase : les sites qui cherchent activement les joueurs français ne tiennent pas le même niveau d’information que les opérateurs régulés d’autres marchés. L’écart n’est pas un accident ; il est structurel, parce que la conformité n’a, ici, personne pour la vérifier.
Alexander Casino : l’exemple du multi-domaine
Alexander Casino illustre la mécanique de l’opacité par inflation de domaines. La liste noire de l’ANJ recense douze URL pour cette seule marque, toutes bloquées par l’ANJ. Première décision de blocage le 13 novembre 2024, dernière en date le 19 février 2026 — un ballet de miroirs que l’opérateur renouvelle à mesure que l’ANJ les ferme. Sans aucune information publique sur la licence revendiquée, la composition de jeux ou les conditions de bonus, le seul fait tangible à son sujet est la décision administrative qui le bloque.
Betify : la ferme à domaines
Betify pousse la logique plus loin : 46 domaines bloqués au total, soit près de quatre fois Alexander. Les URL relevées par l’ANJ incluent de nombreuses variantes de domaines. Le suffixe « -officiel » accolé à un nom de domaine ne confère aucune officialité, et la multiplication des domaines trahit plutôt une stratégie d’évitement du blocage qu’un signe de légitimité.
MyStake : le bonus introuvable
MyStake illustre l’instabilité de l’information promotionnelle sur les sites offshore visant la France. Les fiches d’affiliation consultées annoncent des bonus contradictoires : « 153 % jusqu’à 555 € + 205 tours » dans l’une, « 300 % jusqu’à 1 500 € » dans l’autre, « 170 % jusqu’à 1 000 € » dans une troisième, « 200 € ou 1 000 € » dans une quatrième. Le site officiel est revenu en erreur 403 à chaque tentative — deux essais distincts — ce qui rend impossible toute vérification directe. La licence Curaçao citée (OGL/2024/250/0115) provient d’une source unique non recoupée. Pour un joueur qui cherche à savoir combien il touchera, l’information n’existe nulle part de manière fiable.
LeonBet : 116 domaines, une marque qui sature le blocage
LeonBet tient le record du lot : 116 domaines bloqués par l’ANJ, avec une rotation permanente des miroirs. Première décision le 15 décembre 2023, dernière le 20 novembre 2025 — un volume de reconduction qui suggère une rotation permanente des miroirs. Aucune information sur la licence revendiquée n’a été retrouvée.
LuckyTreasure : la marque discrète
LuckyTreasure apparaît sur sept domaines, tous bloqués par l’ANJ. Première décision le 14 juin 2023, dernière le 11 avril 2024. Le profil est plus ramassé que les précédents, mais l’absence totale d’information publique disponible ailleurs que sur la liste noire ne change rien au diagnostic.
CasinoExtra : la licence qui ne dit pas ce qu’elle croit dire
CasinoExtra présente en bas de page une licence « Anjouan Gaming Board — ALSI-142406012-FI1 » au nom de l’entité Samaki Limited. L’offre de bienvenue est détaillée : 100 % jusqu’à 350 € plus 100 tours sur le premier dépôt, avec 50 % sur les deuxième et troisième. Mais le site refuse l’euro : il fonctionne exclusivement en cryptomonnaies, et annonce un délai de retrait de 24 heures pour les cryptos. Présenter une licence « Anjouan » comme une garantie n’a aucun fondement pour un joueur situé en France : cette juridiction n’a pas d’accord avec l’ANJ, et un éventuel litige ne trouve aucun relais national.
WinUnique : le guide qui ne l’est pas
WinUnique se distingue par un dispositif promotionnel plus lourd que les autres (250 % jusqu’à 3 000 € + 300 tours, plus un rechargement hebdomadaire) et par un cas documenté de retrait lent — quatorze jours pour 150 €, après rejet initial lié à la vérification KYC, sous une limite hebdomadaire affichée de 1 500 €. La licence « Curaçao eGaming 1668/JAZ » au nom de Play Logia N.V. est un numéro de licence maîtresse partagé entre de très nombreux sous-licenciés Curaçao non liés entre eux, et ne permet pas d’identifier ce site de manière unique. Surtout, le domaine de WinUnique se présente comme un « guide des machines à sous » et redirige en 301 vers le vrai casino en argent réel — un montage que l’on retrouve à l’identique sur d’autres sites, ce qui indique une ferme de contenu affilié plutôt que deux éditeurs indépendants.
Comment l’ANJ agit et pourquoi le blocage n’est pas total
La mécanique du blocage est rapide sur le papier. La loi du 2 mars 2022 a donné au président de l’ANJ le pouvoir d’ordonner le blocage et le déréférencement d’un site en plusieurs étapes : un procès-verbal initial, une mise en demeure adressée à l’éditeur et à l’hébergeur, un délai d’observation de cinq jours, puis un second procès-verbal qui déclenche le blocage effectif. Une fois l’acte pris, l’ANJ publie la décision dans une liste noire au format CSV, mise à jour en continu.
Cette mécanique est plus rapide que les procédures judiciaires qui préexistaient — d’où le volume atteint depuis 2022. Mais elle ne ferme pas un marché. Un site bloqué peut rouvrir sous un autre domaine, ce qui explique la longue liste de domaines par marque observée plus haut. Et la liste noire elle-même reste « non exhaustive », ce qui signifie qu’un site absent n’est pas autorisé — un point que la page officielle de l’ANJ prend soin de préciser.
Pour un joueur, ce qu’il faut en retenir tient en peu de mots : le blocage par l’ANJ est une information, pas une protection complète. Un site bloqué est un signal sérieux, mais l’absence de la liste n’est pas un feu vert.
Les risques concrets pour le joueur
Trois risques pèsent sur la personne qui joue sur un site non agréé en France, et aucun n’a de recours national pour le couvrir.
Le premier est l’absence de protection sur les gains. Si un opérateur offshore refuse un retrait, tarde à payer, ou invente une condition après coup, le joueur ne dispose d’aucun médiateur national. L’ANJ n’intervient pas sur un site qu’elle n’agrée pas. Les juridictions offshore — Curaçao, Anjouan, Kahnawake — appliquent leur propre droit, qui exige souvent un arbitrage international coûteux et incertain.
Le deuxième est l’opacité des conditions de bonus. Le tableau précédent le montre : pour quatre marques sur sept, le multiplicateur de mise n’est pas connu, et pour MyStake il est contradictoire d’une source à l’autre. Sans condition lisible, le « 250 % jusqu’à 3 000 € » est un chiffre en l’air. L’opacité n’est pas un défaut d’information ; elle est la condition qui rend le bonus possible.
Le troisième est l’absence d’auto-exclusion effective. Un joueur inscrit à l’interdiction volontaire de jeux (IVJ) auprès de l’ANJ est protégé sur tous les opérateurs agréés — son nom est partagé et bloqué à la source. Il ne l’est pas sur un casino offshore, qui n’est pas raccordé au système. Le filet de sécurité s’arrête exactement où commence le marché gris.
L’étude PwC donne à ces risques une dimension quantitative. Sur la fenêtre janvier-mars 2023, 79 % du produit brut des jeux du segment illégal provenait de joueurs présentant des pratiques de jeu à risque. La majorité de l’argent joué sur ces sites provenait de joueurs dont le comportement posait déjà question. Ce n’est pas une coïncidence : c’est ce que produit un marché sans garde-fou, et c’est la raison pour laquelle la loi française a choisi de ne pas l’agréer.
Estimer la part casino du marché illégal : calcul de la fenêtre PwC
L’étude PwC estime le produit brut des jeux (GGR) du segment illégal français entre 748 millions et 1,5 milliard d’euros sur la période janvier-mars 2023. Dans ce même périmètre, la part de trafic internet attribuée aux jeux de casino et aux machines à sous est de 50 %. En appliquant cette part à chacun des deux bouts de la fourchette, on obtient une bande approximative pour la part casino et machines à sous : entre 374 millions et 750 millions d’euros sur la même fenêtre.
Cette bande doit être lue comme une approximation, pas comme un chiffre. Premièrement, l’étude mesure une part de trafic, et un partage de trafic n’est pas un partage de revenus : un joueur de machines à sous ne dépose pas le même montant qu’un parieur sportif, et la conversion entre les deux n’est pas linéaire. Deuxièmement, la fenêtre de mesure est étroite (trois mois en 2023) et l’extrapoler à l’année entière multiplierait simplement la même incertitude par quatre. Le chiffre donne un ordre de grandeur — le segment casino pèse probablement la moitié du marché illégal mesuré — mais il ne donne pas un montant de marché propre.
L’intérêt du calcul n’est pas de produire une valeur nette. Il est de montrer que, même en restant prudent, la masse d’argent joué sur les casinos en ligne non agréés se compte en centaines de millions d’euros. C’est un volume qui n’aurait aucune raison d’exister si l’interdiction était efficacement appliquée ; il existe précisément parce que le blocage n’est pas total et que l’offre s’adapte.
Le rôle de l’interdiction volontaire de jeux (IVJ)
L’IVJ est le dispositif national d’auto-exclusion. La demande se fait en ligne, gratuitement depuis mai 2026, et passe par une vérification d’identité renforcée (téléchargement d’une pièce d’identité et selfie dynamique via le prestataire IDnow) qui prend environ quinze minutes. L’inscription prend effet sous 72 heures sur l’ensemble des opérateurs agréés par l’ANJ, qui doivent clôturer les comptes existants et bloquer les ouvertures nouvelles. La durée minimale est de trois ans, à l’issue desquels l’interdiction se prolonge tant que la personne n’a pas demandé explicitement la levée.

Le rapport annuel de l’ANJ pour 2025, publié en mars 2026, a recensé 23 400 nouvelles inscriptions IVJ sur l’année. Pour un joueur qui souhaite s’arrêter, la démarche est nette : une procédure, un délai court, une couverture sur tous les opérateurs agréés.
La limite de l’IVJ est géographique, au sens du droit applicable. Le dispositif couvre les casinos physiques, les clubs de jeux, et les sites en ligne agréés par l’ANJ — soit les paris sportifs, les hippiques, le poker, la FDJ et le PMU. Il ne couvre pas les sites offshore. Un joueur inscrit à l’IVJ et qui ouvre malgré tout un compte sur un casino non agréé ne bénéficie d’aucune des protections associées à son inscription : ni blocage à l’ouverture, ni surveillance de ses dépôts, ni clôture imposée. C’est un point que la documentation officielle de l’ANJ prend soin de préciser, et qu’un joueur doit garder en tête.
Pour le reste, l’IVJ fonctionne. Pour les casinos en ligne non agréés, elle n’existe pas.
Les moyens de paiement : où passe l’argent
L’écosystème de paiement observé sur les sites visant les joueurs français se divise en deux. Sur les opérateurs agréés, les moyens sont classiques — carte bancaire, virement, porte-monnaie électroniques régulés — et soumis au droit français. Sur les opérateurs offshore, l’anonymat est souvent la promesse, et les moyens utilisés le reflètent.
Les coupons Cashlib, par exemple, s’achètent entre 5 € et 100 € avec un plafond d’achat de 1 000 €, et servent uniquement à alimenter un compte — jamais à retirer. Ils sont cités par des revendeurs certifiés comme acceptés par des sites de paris et de poker sous agrément (Winamax, ZEbet, Unibet), et ils circulent également sur l’offre offshore. Leur plafond bas les rend difficiles à tracer au-delà de quelques centaines d’euros, et leur usage en dépôt uniquement coupe la chaîne de retour.
Neosurf, autre coupon préglé de la même famille, a fait l’objet d’une sanction de la CNIL pour ses pratiques de traitement de données — un signal que l’autorité de protection des données suit effectivement ces intermédiaires de paiement. Le montant exact de l’amende n’a pas été reconfirmé dans ce travail.
CasinoExtra pousse la logique à son terme : pas d’euro du tout, et des retraits en cryptomonnaies sous 24 heures. Pour un joueur français, cela signifie que l’éventuel litige sur un retrait ne passe par aucune banque européenne et par aucun médiateur national — uniquement par la blockchain et par les conditions générales du site.
Un paiement discret n’est pas un paiement sûr. Il est, le plus souvent, l’inverse : il rend le retrait plus difficile à suivre, et le recours plus difficile à exercer.
Pourquoi le débat de légalisation n’a pas abouti
Une proposition de légalisation des casinos en ligne a été abandonnée le 28 octobre 2024, après l’opposition du secteur des casinos terrestres. La question reste ouverte — le lobbying continue, et la fenêtre politique n’est pas fermée — mais à la date de cette page, la prohibition tient toujours, et le périmètre de l’ANJ reste le périmètre de 2020.
Ce contexte explique pourquoi les opérateurs offshore continuent de viser le marché français sans bouger leur statut juridique. La prohibition n’a pas éradiqué la demande ; elle l’a déplacée vers une offre non agréée, qui continue de croître en miroirs de domaines. Une légalisation changerait la donne pour tout le monde : pour les joueurs, qui disposeraient d’un cadre ; pour les opérateurs agréés, qui verraient leur périmètre s’élargir ; pour les opérateurs offshore, qui perdraient leur part de marché. Tant qu’elle n’a pas eu lieu, le joueur français reste dans la zone grise décrite ici.
Ce que « sérieux » peut vouloir dire, en pratique
Si la définition française de « sérieux » est fermée — pas d’agrément, pas de casino —, il reste un usage utile du mot, et c’est celui que retient cette page.
Un site « sérieux », pour un joueur situé en France, est un site qui dit honnêtement ce qu’il est. Un opérateur agréé pour le poker dit qu’il est agréé pour le poker ; il ne prétend pas proposer des machines à sous sous agrément qu’il n’a pas. Un site offshore qui affiche « 250 % jusqu’à 3 000 € » doit aussi afficher la condition de mise qui rend ce bonus atteignable ou hors de portée, la limite de retrait hebdomadaire, et le délai effectif de paiement. Si ces informations sont opaques ou contradictoires d’une source à l’autre, le sérieux manque à la base.
Le sérieux, dans ce marché, est d’abord une affaire de transparence : sur la licence, sur les conditions, sur les délais, sur la juridiction applicable. Là où l’information est lisible et recoupable, le joueur peut décider en connaissance de cause — y compris de ne pas jouer. Là où l’information manque, la décision se prend pour lui.
Questions fréquentes
Comment savoir si un casino en ligne est vraiment sérieux et fiable ?
En France, le test n’est pas un bonus ou une licence Curaçao, mais l’agrément de l’ANJ. Si le site propose des machines à sous, de la roulette, du blackjack ou du baccarat en argent réel, il n’est pas agréé — quel que soit ce qu’il affiche en pied de page. L’absence de la liste noire n’est pas non plus une garantie : elle est explicitement non exhaustive.
Existe-t-il un casino en ligne légal et agréé par l’ANJ en France ?
Non. L’ANJ agrée dix-sept opérateurs, mais uniquement sur trois verticales : les paris sportifs, les paris hippiques et le poker en ligne. Aucun casino en ligne (slots, roulette, blackjack, baccarat) n’est licensable pour un opérateur privé sur le sol français. Les opérateurs agréés sont listés sur la page officielle de l’ANJ.
Que risque un joueur qui s’inscrit sur un casino en ligne non agréé en France ?
Aucune sanction pénale n’est prévue pour le joueur, à la différence de la publicité : c’est l’annonceur qui risque une amende pouvant aller jusqu’à 100 000 €. Le risque pour le joueur est civil et pratique — absence de recours national en cas de litige sur un retrait, opacité des conditions de bonus, aucune protection contre la fraude ou la fermeture soudaine du site. La majorité de l’argent joué sur l’offre illégale provient par ailleurs de joueurs à risque, selon l’étude PwC 2023.
Comment fonctionne l’interdiction volontaire de jeux (IVJ) et protège-t-elle des joueurs sur les casinos non agréés ?
L’IVJ est gratuite et entièrement en ligne depuis mai 2026, avec vérification d’identité renforcée via IDnow (pièce + selfie dynamique) en une quinzaine de minutes. L’inscription prend effet sous 72 heures sur tous les opérateurs agréés par l’ANJ, qui doivent clôturer les comptes existants et bloquer les nouvelles ouvertures. Sa limite : elle ne couvre pas les casinos offshore, qui ne sont pas raccordés au système. Un joueur auto-exclu n’est donc pas protégé sur un site non agréé.
Un casino en ligne peut-il légalement se présenter comme « agréé ANJ » en France ?
Non. Aucun casino en ligne ne peut se présenter comme « agréé ANJ », « légal », « licencié » ou « régulé » en France : la liste officielle des opérateurs agréés ne mentionne jamais cette catégorie de jeux. Une telle affirmation, si elle est publiée par un site ou un affilié, tombe sous le coup de la loi sur la publicité des jeux non autorisés, passible d’une amende pouvant atteindre 100 000 €.
Quels moyens de paiement sont utilisés sur les casinos en ligne visant les joueurs français, et sont-ils sûrs ?
Les sites agréés utilisent les moyens classiques (carte, virement, porte-monnaie régulés) et tombent sous le droit français. Les sites offshore privilégient les coupons prépayés (Cashlib, Neosurf — ce dernier sanctionné par la CNIL) et les cryptomonnaies. Un paiement discret n’est pas un paiement sûr : il rend le retrait plus difficile à tracer et le recours plus difficile à exercer en cas de litige.
