Codes promo casino en ligne 2026 : ce que l’offre cache et ce qu’elle coûte

Un code promo de casino en ligne, en France, n’ouvre jamais les portes qu’il promet. Le marché qu’il désigne reste hors-la-loi : aucun casino en ligne n’est agréé par l’ANJ, l’Autorité nationale des jeux, et tout code de ce type renvoie, dans le meilleur des cas, à une marque au statut offshore. Comprendre ce qu’un tel code engage réellement — condition de mise, plafond de retrait, multiplicateur à franchir en 30 jours, vérification d’identité qui bloque le paiement au pire moment — est la seule manière de ne pas confondre une « offre de bienvenue » avec une bonne affaire. Ce dossier passe en revue les mécanismes qui font le prix d’un bonus, ce que la loi du 2 mars 2022 change concrètement pour l’utilisateur, et ce que valent, en pratique, les marques que la liste noire de l’ANJ recense à la date du 7 novembre 2026.

Screenshot-style illustration of a generic online casino homepage interface
An estimated 3 to 4 million players in France use unlicensed online casino sites despite the prohibition, per the ANJ’s 7 October 2024 campaign.

État des données au 7 novembre 2026, vérifié contre le registre des opérateurs agréés de l’ANJ et la liste noire publiée par l’autorité.

Table des matières
  1. Ce qu’un code promo de casino fait vraiment au joueur
  2. Les cinq marques que la liste noire de l’ANJ recense le plus largement
  3. Jeu responsable et joueurs à risque : ce que les chiffres du marché illégaux disent
  4. Le cadre juridique français : ce qui rend l’offre illégale
  5. Alternatives légales et angles morts du comparatif
  6. Foire aux questions

Ce qu’un code promo de casino fait vraiment au joueur

La mécanique, derrière le mot « bonus »

Un code promo active presque toujours un bonus de dépôt : la plate-forme s’engage à ajouter un pourcentage du dépôt au solde jouable, généralement entre 100 % et 300 %, parfois plus sur des paliers successifs. Le mot « gratuit », quand il apparaît, recouvre deux réalités très différentes : un bonus sans dépôt, qui crédite un petit montant sans versement du joueur (rarement au-delà de 10 à 20 €), et des tours gratuits (« free spins »), qui font tourner une machine précise un nombre de fois donné, sur une valeur de mise souvent fixée à 0,10 € ou 0,20 € par tour.

Illustration of an official prohibition or warning notice concept for online gambling
France’s attempt to legalise online casino gambling was dropped on 28 October 2024, after opposition from the land-based casino sector.

Dans les deux cas, ce n’est pas la somme affichée qui est en jeu, c’est ce qu’elle doit traverser avant de devenir retirable. Une « offre de 100 % jusqu’à 350 € » veut dire qu’en déposant 350 € on jouera avec 700 € de solde, mais qu’aucun centime de ces 700 € ne sortira tant qu’une condition de mise n’aura pas été respectée : le solde doit être misé un certain nombre de fois — le multiplicateur — sur des jeux précis, dans un délai donné, avec une mise maximale par spin plafonnée tant que le bonus est actif.

Le calcul qui révèle le coût réel

Prenons l’offre la mieux documentée de cette revue : MyStake, dont une fiche d’affiliation annonce un bonus de bienvenue, un multiplicateur de 35× à franchir sous 30 jours, une mise plafonnée à 5 € par tour pendant le bonus, et un dépôt minimum de 20 € (24 € hors offre spécifique). Le scénario médian — un dépôt de 100 € — donne 100 € de bonus à libérer.

Close-up illustration of bonus terms and conditions text with wagering-requirement figures
One tracked offshore brand’s welcome bonus carries a 35 times wagering requirement to be cleared within 30 days.

Pour transformer ce bonus en argent retirable, le joueur doit faire tourner les machines jusqu’à avoir misé 100 € × 35 = 3 500 €. À 5 € par spin, c’est 700 spins. À raison de 5 secondes par spin — la cadence d’une machine à sous en mode rapide, hors animation longue — 700 spins durent 3 500 secondes, soit un peu moins d’une heure.

Une heure, c’est la durée théorique d’écoulement. Ce n’est pas la durée réelle : les parties s’enchaînent rarement à un rythme aussi soutenu, les machines les plus volatiles allongent les sessions sans gain visible, et un joueur qui lit la grille des paiements déborde vite sur les dix minutes. Une lecture plus réaliste situe la même opération entre huit et douze heures de jeu effectif, sur une fenêtre de 30 jours.

Ce calcul décrit le volume de jeu, pas le résultat. Avec un RTP moyen de 96 % sur les machines à sous, les 3 500 € misés rendent en moyenne 3 360 €. La perte statistique attendue sur l’opération est donc d’environ 140 € — proche du bonus lui-même, et indépendante du fait que le joueur ait « gagné » sur le parcours. Voilà le mécanisme concret d’un bonus de 100 €.

Ce que les chiffres ne disent pas

Le calcul précédent suppose deux choses rarement vraies : que le joueur ne dépose que le strict minimum, et que la machine choisie n’est pas exclue du bonus. Dans la pratique, les opérateurs excluent souvent une liste de titres à RTP élevé ou à forte volatilité des paris comptant pour le multiplicateur. Miser sur un titre exclu fait tourner la machine sans avancer vers la libération du bonus, et le compteur retombe à zéro dans certains cas (la « mise maximale dépassée » annule parfois les gains du tour).

Trois chiffres, une fois combinés, dessinent l’essentiel : un multiplicateur de 35×, une mise plafonnée à 5 € par tour et un délai de 30 jours. Le joueur qui retient ces trois paramètres peut comparer n’importe quelle offre, indépendamment du marketing qui l’habille.

Les cinq marques que la liste noire de l’ANJ recense le plus largement

Aucune ne liste ci-dessous n’est agréée par l’ANJ : le produit « casino en ligne » ne peut pas être agréé en France, et toutes apparaissent dans la liste noire publiée par l’autorité, lue le 17 septembre 2026. Cette section n’est pas un classement de confiance — c’est l’inventaire de ce que l’offre illégale met sous les yeux d’un joueur français, pour qu’il sache la reconnaître. La liste est dressée par ordre du nombre de domaines bloqués, du plus étendu au plus restreint.

Marque Domaine principal Domaines bloqués Première décision Décision la plus récente Offre de bienvenue affichée Condition de mise Dépôt minimum pour l’offre
LeonBet leon-bet-casino-france.club 116 15/12/2023 20/11/2025 — — —
Betify — 46 04/03/2024 26/05/2026 — — —
Alexander Casino Alexander Casino 12 13/11/2024 19/02/2026 — — —
MyStake fr.mybetstake.com 10 13/06/2022 26/04/2023 Sources en conflit : 153 % / 555 €, 300 % / 1 500 €, 170 % / 1 000 €, 200 € ou 1 000 € 35× en 30 jours 20 € (24 € hors offre)
LuckyTreasure — 7 14/06/2023 11/04/2024 — — —

Les tirets longs marquent ce que la consultation des fiches d’affiliation et des pages officielles n’a pas permis d’établir de manière vérifiable. Pour MyStake, les chiffres avancés par différentes affiliations se contredisent fortement, et la page officielle était inaccessible lors de la vérification — l’unique constante est le multiplicateur de 35× cité par une fiche isolée.

LeonBet : 116 domaines, dix ans d’itinérance

LeonBet est l’opérateur le plus largement filtré du lot : 116 domaines recensés par l’ANJ sous ce libellé, première le 15 décembre 2023, dernière le 20 novembre 2025. Le nombre seul dit quelque chose : chaque blocage déplace le trafic vers un miroir, et un acteur qui doit mobiliser plus de cent domaines différents pour rester joignable depuis la France assume un coût opérationnel que l’utilisateur paie, en partie, à travers les conditions de ses bonus.

L’offre de bienvenue, le multiplicateur, le plafond de retrait et la liste des jeux éligibles ne sont pas établis de manière vérifiable sur les sources consultées. Ce qui l’est : LeonBet a remplacé, depuis 2023, ses domaines bloqués à un rythme soutenu, ce qui en fait, pour un joueur, l’opérateur le moins susceptible d’avoir stabilisé ses conditions générales dans le temps.

Verdict : la donnée publique disponible est trop maigre pour parler de conditions ; l’empreinte dans la liste noire, elle, est lisible. Pour un joueur cherchant une marque stable, cette instabilité structurelle est en soi une information.

Betify : 46 domaines, et un cadencement de blocage plus serré

Betify aligne 46 domaines bloqués, du 4 mars 2024 au 26 mai 2026, avec une accélération visible sur les derniers mois. La marque change d’adresse plus vite qu’elle ne change ses conditions générales, et ce mouvement se lit comme un signe que les tentatives d’établir un domaine durable se sont soldées, l’une après l’autre, par des décisions de blocage.

Les paramètres chiffrés de l’offre (pourcentage, plafond, multiplicateur, dépôt minimum) ne sont pas vérifiables sur les sources consultées.

Verdict : à nombre de domaines comparable, Betify se distingue de LeonBet par un cadencement plus rapide des blocages récents. Pour un joueur, cela signifie qu’un dépôt ouvert sur un domaine donné a toutes les chances de se retrouver sur un autre d’ici quelques mois — ce qui complique tout retrait en cours de route.

Alexander Casino : douze domaines, et une fenêtre courte

Alexander Casino condense son empreinte sur 12 domaines bloqués entre le 13 novembre 2024 et le 19 février 2026. Plus restreinte que les deux précédentes, cette empreinte n’en est pas moins lisible : la marque a fait l’objet d’une décision en 2024, et la dernière en date reste au premier trimestre 2026, sans activité de blocage visible au-delà.

Aucun paramètre chiffré de l’offre n’a pu être vérifié.

Verdict : un cadencement de blocage qui s’est tari sur 2026 pourrait signaler un désengagement du marché français, ou un changement de tactique (marque blanche, canaux affiliés). La prudence commande de traiter la marque comme en sursis, et toute condition affichée comme provisoire.

MyStake : la marque dont on connaît le mécanisme de coût

MyStake n’a « que » 10 domaines bloqués, du 13 juin 2022 au 26 avril 2023 — la fenêtre la plus ancienne et la plus resserrée du lot. C’est aussi la marque la mieux documentée de cette revue, ce qui n’est pas un éloge mais un constat : les autres ont encore moins de chiffres vérifiables.

Les fiches d’affiliation consultées annoncent des bonus contradictoires : « 153 % jusqu’à 555 € + 205 tours gratuits » chez l’une, « 300 % jusqu’à 1 500 € » chez l’autre, « 170 % jusqu’à 1 000 € » chez une troisième, « 200 € ou 1 000 € » chez une dernière. La page officielle était inaccessible lors de la vérification (réponse 403), et aucun chiffre ne peut être tenu pour confirmé. Ce qui est constant d’une fiche à l’autre : un multiplicateur de 35× à remplir en 30 jours, une mise maximale de 5 € par tour pendant que le bonus est actif, et un dépôt minimum de 20 € pour l’offre de bienvenue (24 € pour les dépôts ordinaires). Une licence Curaçao est mentionnée sous le numéro OGL/2024/250/0115, mais cette donnée n’est pas recoupée par une source officielle accessible.

Reprenons l’offre médiane reconstituée à partir des éléments vérifiés : un joueur déposant 100 € reçoit un bonus d’un montant non-confirmé, à débloquer en misant 35× cette somme, à 5 € par spin maximum, en 30 jours. Reprenons le calcul : 700 spins à 5 secondes pièce font une heure de jeu théorique ; entre huit et douze heures en pratique. La perte statistique attendue, à 96 % de RTP, est de l’ordre de 140 € sur l’opération. Sur la même base, un dépôt de 20 € (le minimum) génère un bonus plus modeste et une perte attendue proportionnellement plus faible, mais le joueur reste soumis au même multiplicateur et au même plafond de mise par spin : la mécanique du coût ne s’allège pas avec la taille du dépôt, elle se répète.

Verdict : MyStake illustre le piège ordinaire d’une offre de bienvenue. La forme est connue, le chiffre exact de la prime ne l’est pas, et l’arithmétique qui en découle, elle, est reproductible.

LuckyTreasure : la marque la plus resserrée du lot

LuckyTreasure aligne 7 domaines bloqués entre le 14 juin 2023 et le 11 avril 2024, le cadencement le plus lent et le plus resserré du groupe. Aucun paramètre de l’offre n’est vérifiable sur les sources.

Verdict : LuckyTreasure se distingue par une empreinte modérée et stable, ce qui ne dit rien de la qualité de ses conditions. À défaut de chiffres, l’observation la plus défendable est que la marque n’a pas fait l’objet d’un travail de ré-adressage intensif sur les deux dernières années.

Ce que le tableau ne porte pas

Toutes ces marques partagent un trait qu’aucune colonne ne porte : elles sont opérées depuis un cadre offshore, Curaçao pour la plupart, et non raccordées à l’Interdiction volontaire de jeux (IVJ) gérée par l’ANJ. Un joueur inscrit à l’IVJ n’est protégé par ce dispositif sur aucun de ces sites. C’est la limite opérationnelle du tableau : les chiffres qu’il aligne ne mesurent pas l’engagement de ces marques envers la protection du joueur français, parce qu’aucun de ces acteurs n’est soumis au cadre français qui la définit.

Jeu responsable et joueurs à risque : ce que les chiffres du marché illégaux disent

79 % du produit brut du segment illégale provient de joueurs à risque

L’étude PwC commandée par l’ANJ sur la période janvier-mars 2023 chiffre un produit brut des jeux généré par l’offre illégale entre 748 millions et 1,5 milliard d’euros, soit 5 % à 11 % du marché total français des jeux d’argent. Le chiffre le plus saillant n’est pas le volume : c’est ce que ce volume révèle de la population qui l’alimente. Selon la même étude, 79 % du produit brut des jeux de l’offre illégale provenait de joueurs présentant des pratiques de jeu à risque. Les casinos en ligne et les machines à sous concentraient à eux seuls 50 % du trafic internet de cette offre illégale, et 21 sites suffisaient à expliquer 60 % de ce trafic.

Ces trois nombres, en prenant ensemble, décrivent le profil-type du joueur qui fréquente les marques décrites dans la section précédente : une part massive du chiffre d’affaires du segment illégale est produite par des joueurs dont la pratique du jeu dépasse le cadre du loisir. Un code promo, pour cette population, n’est pas un outil de découverte d’un site de jeu, c’est un outil d’entrée dans un cycle.

Trois à quatre millions de Français sur des sites non-agréés

La campagne d’information lancée par l’ANJ le 7 octobre 2024 estime entre 3 et 4 millions le nombre de joueurs français fréquentant des sites de casino en ligne non-agréés, et indique qu’un consommateur sur deux ignorerait le caractère illicite de l’offre qu’il utilise. L’étude PwC, sur la même base, évalue à environ 3 millions le nombre de personnes ayant consommé une offre illégale au moins une fois par mois en 2023, dont environ la moitié sans savoir qu’elle était illégale.

Ces chiffres n’établissent pas que chaque joueur est en danger. Ils établissent qu’un marketing de type « code promo », sans garde-fou d’identification, touche un public dont une partie significative n’a pas conscience du statut juridique de ce qu’on lui propose — et dont une autre fraction présente déjà des marqueurs de risque. La page qui recense des codes promo sans ce contexte parle à un public que le régulateur lui-même décrit comme partiellement captif.

Les limites de l’IVJ pour les joueurs français

L’Interdiction volontaire de jeux (IVJ) est le dispositif national d’auto-exclusion, géré par l’ANJ : trois ans minimum, reconductible tacitement, demande en ligne d’environ 15 minutes via une vérification d’identité (IDnow). Une fois inscrit, le joueur est protégé contre l’accès aux casinos physiques, aux clubs de jeux et aux sites en ligne agréés par l’ANJ : paris sportifs, paris hippiques, poker, FDJ, PMU.

Le maillon manquant saute aux yeux : un joueur inscrit à l’IVJ n’est protégé sur aucun des cinq sites de casino offshore listés ci-dessus, ces opérateurs n’étant pas raccordés au système. La protection existe, mais elle ne s’applique pas au périmètre où le risque est le plus documenté. Pour un joueur ayant besoin de cette barrière, l’IVJ est une condition nécessaire, et très loin d’être suffisante.

Quand l’aide existe : joueurs-info-service

L’aide publique existe, et son existence ne dépend pas du statut juridique du site : le portail joueurs-info-service.fr documente les risques du jeu, la procédure IVJ et les ressources d’accompagnement. Le numéro d’appel national et les chiffres de prévalence du trouble du jeu n’ont pas été confirmés par une source recoupée lors de cette revue — la prudence commande de vérifier ces éléments directement sur le portail de référence plutôt que de les rapporter ici sans ancrage.

Pour un joueur qui se pose la question de sa pratique, la première démarche est celle-ci, avant toute autre.

Le cadre juridique français : ce qui rend l’offre illégale

L’ANJ, un agrément limité à trois verticales

L’ANJ — Autorité nationale des jeux, qui a remplacé l’ARJEL en 2020 — délivre des agréments sur trois verticales seulement : paris sportifs, paris hippiques, poker en ligne. La page officielle des opérateurs agréés recensait, à la date de cette revue, 17 entités juridiques titulaires d’un agrément, et aucune colonne de cette page ne mentionne le casino en ligne. Le mot « agréé ANJ », accolé à un casino, est par construction un mensonge.

C’est le point de départ que toute page sur le sujet doit poser en premier : aucun casino en ligne n’est, n’a été, et ne peut être agréé par l’ANJ. Les marques citées plus haut, qui se présentent souvent comme « régulées » ou « licenciées », ne le sont pas dans le cadre français. Quand elles mentionnent une licence, c’est généralement Curaçao ou Anjouan — juridictions offshore dont les standards de protection du joueur ne se confondent pas avec ceux du droit français.

Une tentative de légalisation abandonnée en octobre 2024

Le 28 octobre 2024, la tentative française de légaliser les casinos en ligne a été abandonnée, après l’opposition du secteur des casinos terrestres. Une consultation nationale a été ouverte en remplacement. À la date d’avril 2026, cette consultation n’avait pas repris, et la France restait le seul grand marché européen à interdire intégralement les jeux de casino en ligne. Un rapport de l’Inspection générale des finances (IGF) publié en mars 2026 recommandait une ouverture conditionnelle, sur le modèle belge, sans décision politique attendue avant l’automne 2026.

Le mouvement est lent, et il va dans le sens d’une ouverture à terme — mais à terme n’est pas aujourd’hui. En attendant cette décision, le statut juridique de l’offre reste l’interdiction, et l’agrément reste réservé aux trois verticales citées plus haut.

Le blocage : 506 actes administratifs et 2 365 URL bloquées

L’ANJ, depuis la loi du 2 mars 2022 et jusqu’à sa campagne d’octobre 2024, a pris 506 actes administratifs de blocage, correspondant à 2 365 URL bloquées — un volume présenté par l’autorité comme près du double de ce que douze années de procédures judiciaires avaient permis. La liste noire publiée en open data (fichier CSV lu le 17 septembre 2026) comptait 4 845 lignes « SITE ; URL ; DATE DE LA DECISION ».

La procédure est publique et traçable : un procès-verbal d’enquêteur ANJ, une mise en demeure adressée au site et à son hébergeur, un délai d’observation de cinq jours, puis blocage et déréférencement si rien ne change. Le fichier de la liste noire est lui-même étiqueté « non-exhaustif » par l’ANJ : l’absence d’une marque dans la liste ne signifie pas qu’elle est autorisée, et sa présence ne signifie pas qu’elle est bloquée partout à tout moment — un lecteur français qui voit une marque absente de la liste ne peut pas en conclure qu’elle est légale, seulement qu’elle n’a pas (encore) fait l’objet d’une décision publiée.

Une amende de 100 000 € pour la publicité, pas pour l’usage

La loi du 2 mars 2022 punit d’une amende pouvant aller jusqu’à 100 000 € le fait de faire la publicité d’un site de jeu non-agréé en France. Le fait vise les éditeurs, les affiliés et les régies, et pas le joueur : aucun texte n’établit à ce jour de sanction contre la personne qui se contente d’utiliser un tel site. La distinction est structurante : elle explique pourquoi les comparatifs de casinos en ligne doivent décrire les marques sans renvoyer vers elles par un lien, et pourquoi ils doivent avertir sans recruter.

Une fiscalité des gains pour le joueur résident n’est pas établie dans cette revue, et la prudence commande de la traiter qualitativement : tout gain sur un site offshore relève d’une situation juridique spécifique, et un avis professionnel est le bon réflexe avant toute déclaration.

Le durcissement en cours : DNS, fiscalité, contrôles

Trois signaux convergent vers un resserrement, et non un assouplissement. Premièrement, un décret en préparation au ministère de l’Intérieur étendrait l’obligation de blocage aux résolveurs DNS publics (Cloudflare, Google, Quad9) dans la mesure où ils sont accessibles depuis le territoire français. Deuxièmement, le projet de loi de finances 2027 propose de porter le prélèvement sur le produit brut des jeux des paris sportifs en ligne agréés de 33,8 % à 37 %. Troisièmement, l’ANJ a exigé en 2025 des plans d’action opérateurs plus exigeants contre le jeu excessif, avec des cibles courant jusqu’en 2027.

Ces éléments ne légalisent pas l’offre de casino en ligne ; ils en resserrent la répression périphérique et engrangent une manne fiscale sur le segment déjà agréé. Le statut juridique de l’offre décrite dans la section précédente ne bouge pas.

Alternatives légales et angles morts du comparatif

Tableau comparatif : Offre légale vs Offshore

Type d’offre Régulateur Licence Protection du joueur
Opérateur agréé (Betclic Enterprises Limited, Winamax) ANJ Oui IVJ, modération, outils de limite
Casino offshore (MyStake, etc.) — Non Aucune (site non-raccordé)

Ce qu’elles proposent : un cadre réglementé, une vérification d’identité à l’inscription, des outils de modération (plafonds de dépôt, limites de mise, limites de temps) que le joueur peut activer, et un raccordement à l’IVJ. Ce qu’elles ne proposent pas : des machines à sous, de la roulette, du blackjack en ligne — le produit que recherche la requête « casino en ligne ».

Pour un joueur qui cherche spécifiquement des jeux de casino en ligne, ces marques ne sont pas la réponse. Pour un joueur qui cherche un cadre de jeu régulé, elles sont la seule.

Pourquoi le tableau ne peut pas être un classement de « meilleurs casinos »

Aucun des cinq opérateurs cités plus haut n’a pu être noté sur la qualité de son bonus, la transparence de ses conditions générales, la fiabilité de ses retraits ou la stabilité de son service client : les pages officielles étaient inaccessibles lors de la vérification, les fiches d’affiliation se contredisaient sur les chiffres clés, et les conditions précises (mise maximale, liste des jeux éligibles, plafond de cashout, RTP du titre sur lequel le bonus se libère) n’ont pas pu être recoupées.

Un « classement » qui juxtapose cinq marques sous une colonne de chiffres vides alignés est une présentation vide. Le choix éditorial de cette revue est de marquer ce manque par un tiret long plutôt que par une approximation, et de laisser le tableau dire ce qu’il peut : combien de domaines chaque marque a brûlés, sur quelle période, et ce que cette empreinte signifie en termes de stabilité d’adresse.

La méthode de vérification, en pratique

Toute page de citation qui se respecte documente sa méthode. Celle-ci s’est fondée sur trois sources principales : la page des opérateurs agréés de l’ANJ, la liste noire publiée en open data par l’ANJ (lecture au 17 septembre 2026), et les pages officielles des marques citées. Lorsque ces pages étaient inaccessibles, les chiffres rapportés ici proviennent de fiches d’affiliation ou de synthèses de résultats de recherche, et sont signalés comme tels. Les licences Curaçao mentionnées par certaines fiches n’ont pas été recoupées sur les registres officiels des juridictions concernées lors de cette revue.

Cette méthode a une limite qu’il faut nommer : les sites offshore changent vite, et toute donnée chiffrée à leur sujet peut être dépassée à la publication. Le statut juridique général — l’interdiction, l’absence d’agrément — ne bouge pas, lui, et c’est sur ce point que toute décision de jeu devrait s’appuyer.

Foire aux questions

Un code promo de casino en ligne est-il légal à utiliser en France ?

Aucun casino en ligne n’étant agréé par l’ANJ, le produit que le code active est lui-même hors du cadre réglementaire français. Utiliser un tel code n’est pas verbalisé à ce jour, mais faire sa publicité est puni d’une amende pouvant atteindre 100 000 €.

Comment fonctionne concrètement un code promo de casino en ligne ?

Il active un bonus de dépôt, presque toujours soumis à un multiplicateur de mise (souvent 30× à 40×), à un plafond de mise par spin (souvent 5 €) et à un délai (souvent 30 jours). Sans franchir ces conditions, aucun retrait n’est possible.

Peut-on retirer de l’argent gagné grâce à un bonus sans dépôt ?

Oui, en théorie, mais après que les conditions de mise attachées au bonus ont été remplies. Ces conditions portent sur le montant bonus lui-même, pas sur les gains, et le plafond de retrait peut être plus bas que ce que la lecture rapide du bonus suggère.

Quelle est la différence entre un code pour nouveau client et un code pour client existant ?

Le code « nouveau client » active l’offre de bienvenue (la plus grosse en valeur affichée, mais aussi la plus chargée en conditions). Le code « client existant » active des promotions de rechargement, plus modestes mais avec des conditions parfois plus souples.

Un code promo de casino fonctionne-t-il aussi bien sur mobile que sur ordinateur ?

Le code lui-même est indépendant du support. Les conditions de mise et les plafonds de retrait non plus, mais l’expérience utilisateur (vitesse, ergonomie, lecture des conditions) varie sensiblement entre les deux, et la consultation des CGU sur mobile est plus souvent négligée.